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Fès ne se livre pas facilement. Pour y
accéder, il faut rentrer par la grande porte, à la fois visible et voilée, du
sacré. Car Fès est un sanctuaire. C'est ainsi d'ailleurs que les Soufis, ces
initiés de l'Islam, l'ont toujours appelée: la Zaouïa. Le voyageur qui
venait de loin savait qu'en arrivant aux portes de Fès, c'est à son
fondateur et à son saint patron lui-même qu'il demandait l'hospitalité. Pour
lui, Fès est la ville de Moulay Idriss.
Durant ces siècles d'expansion culturelle, parmi les grandes figures qui ont
séjourné à Fès, citons, à titre indicatif, le mystique et métaphysicien Ibn
Arabi (m. 1377). Le sociologue Ibn Khaldoun (m. 1382) ou le mathématicien Ibn
Al Banna (m. 1321). L'Université de la Qaraouine est dotée d'une riche bibliothèque où
sont conservés de nombreux manuscrits relatifs aux sciences religieuses,
philosophiques, naturelles ou cosmologiques. Les enseignants ont toujours eu,
par tradition familiale ou par acquis personnel, des bibliothèques privées
considérables. Jusqu'à nos jours, un marché de manuscrits, où l'on peut trouver
des spécimens rares et précieux, est ouvert chaque dimanche matin dans une
ruelle qui avoisine l'Université.
Le Festival des Musiques Sacrées du Monde se veut être porteur de l'esprit de
Fès. L'effet en retour sur la ville de Fès est considérable à la fois en terme
d'image et en impact de tourisme culturel et donc économique. La ville
historique, théâtre de ce festival, est valorisée d'une façon exceptionnelle.
Au delà de Fès, c'est une image positive qui est donnée, à travers cet
événement, du génie de notre pays capable, grâce à ses richesses et traditions
culturelles millénaires, de s'insérer dans un enjeu culturel mondial de grande
envergure qu'il gère d'une façon particulièrement éloquente. Ce sont toutes ces
traditions qui se trouvent valorisées et qui peuvent aussi devenir un point
d'attrait, de plus en plus fort, pour un public international.
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